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UNE ANNEE DE COLLECTE D’INFORMATIONS : QUE RETENIR ?

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UNE ANNEE DE COLLECTE D’INFORMATIONS : QUE RETENIR ?

Il est de coutume à l’entame d’une nouvelle année de faire le bilan de celle qui vient de s’écouler et de faire des projets pour celle qui démarre.

L’année 2011 a commencé avec la promulgation de la loi sur les Energies Nouvelles et Renouvelables survenue en Décembre 2010. Cela augurait d’une année riche en actions en direction des Energies nouvelles et renouvelables. Ce fut réellement le cas. Beaucoup de choses se sont passées dans ce secteur et entre autre la réalisation d’une étude pour la mise en place d’un cadre institutionnel claire pour les acteurs du secteur.

2011 a été un tournant dans la visibilité des actions dans le domaine des EnR. Aujourd’hui, on ne compte plus le nombre de « dealers » dans le domaine du solaire, il suffit juste de se promener dans Dakar pour se rendre que les commerçants ont pris une longueur d’avance sur les pouvoirs publics. Ces dealers sont d’origines très diverses et viennent de milieu très structuré mais aussi du secteur informel. Et c’est ce dernier aspect qui augure d’un bel avenir pour le secteur. Y a quelques années nous disions dans une manifestation publique à laquelle nous participions qu’il faut que le secteur informel pénètre le secteur pour le rendre plus démocratique, plus accessible à toutes les bourses. Nous ne pouvons dire avec certitude que cela est arrivé, mais un frémissement est bien perceptible dans ce domaine. Les nombreuses coupures d’électricité y ont été pour beaucoup, le solaire est devenue une alternative pour beaucoup de citadins, pourvu que ce réflexe demeure.

Solaire -citadin, solaire- urbain, le mot est lâché, il faut que le milieu urbain donne le top, le modèle de consommation provient de la ville pour s’étendre vers le périurbain voire le rural. Dakar semble avoir adopté le solaire, des lampadaires fonctionnant au solaire PV font leur apparition sur de grands axes routiers. N’est-ce pas là un bel exemple d’affranchissement de la tyrannie du thermique voire de SENELEC tout court ? A la sortie d’une réunion de conseil des ministres, le président de la république appelait les acteurs de la construction en général d’utiliser au moins 60% de solaire dans leur offre de maisons, sera-t-il entendu ? Le salut du secteur en sera que plus grand. L’adoption du solaire dans les modes de consommation est à ce prix.

Les actions dans le secteur des EnR ne se limitent pas au solaire, le projet éolien de Taïba Ndiaye (120MW) a connu une avancée intéressante, mais c’est surtout le projet de 50MW éolien de saint louis qui risque de voir le jour durant l’année 2012. La KFW a manifesté un intérêt réel pour ce projet durant l’année 2011, un Monsieur ou plutôt une Madame projet est nommée et elle a déjà séjourné au Sénégal pour rencontrer l’ensemble des acteurs, un budget (plus de 20 millions d’euro) est dégagé pour accompagner les investisseurs et finaliser les conditions de sa réalisation.

Sur le plan des bioénergies, le Sénégal est entrain de conduire le projet biogaz domestique et dans un cadre micro, plus localisé, le projet pilote biogaz industriel initié par C3E a été admis au code des investissements du ministère de l’économie et des finances lui permettant ainsi d’avoir accès à un certain nombre de facilitation dont entre autre l’exonération des droits de douane pour faire renter le matériel au Sénégal. Le projet doit pouvoir voir le jour en 2012.

Le trait commun de l’ensemble de ces actions est qu’elles sont isolées et sont pour la plupart d’initiative privé. Elles ne se situent pas dans un cadre macro définit par l’état du Sénégal. Un véritable programme de développement des EnR soutenues par des études concrètes et définissant pour chaque composante (solaire, éolien biomasse) les puissances réelles que l’état veut installer dans les années à venir font défaut. Dans les pays comme le Maroc et la Tunisie pour ne nommer que ces pays leaders en Afrique, de telles informations existent : les états respectifs ont définis pour chaque type d’énergie où est ce que le secteur privé peut s’installer, quelle est la puissance attendue, quel est le prix d’achat du kwh. En d’autres termes dans ces pays existent de véritable plan opérationnel de développement des EnR. Un effort conséquent devrait donc être fait au Sénégal.

 

Même si la loi d’orientation du secteur a été votée par l’Assemblée nationale, le secteur a souffert de l’absence des décrets d’application afin de rendre opérationnel le développement de ce type d’énergie. Cette situation a beaucoup évolué et depuis Décembre 2011, deux décrets d’application ont été votés :

-          l’un portant  APPLICATION DE LA LOI D’ORIENTATION SUR LES ENERGIES RENOUVELABLES RELATIF AUX CONDITIONS D’ACHAT ET DE REMUNERATION DU SURPLUS D’ENERGIE ELECTRIQUE D’ORIGINE RENOUVELABLE RESULTANT D’UNE PRODUCTION POUR CONSOMMATION PROPRE 

-          Et l’autre  PORTANT APPLICATION DE LA LOI D’ORIENTATION SUR LES ENERGIES RENOUVELABLES ET RELATIF AUX CONDITIONS D’ACHAT ET DE REMUNERATION DE L’ELECTRICITE PRODUITE PAR DES CENTRALES A PARTIR DE SOURCES D’ENERGIE RENOUVELABLE AINSI QUE LES CONDITIONS DE LEUR RACCORDEMENT AU RESEAU 

 

Ces décrets même s’ils constituent une avancée notoire dans le développement du secteur n’en demeurent pas moins insuffisants : toute la partie relative à la défiscalisation des investissements est absente, et pourtant elle figurait en bonne place sur la loi. D’ailleurs tout le monde sait que sans des mesures incitatives fiscales conséquentes, il sera difficile voire impossible de développer le secteur tant l’investissement de départ est très cher et les facteurs de productions sont tous importés.

Sur le plan de la fréquentation de notre site web, vous avez été nombreux à lire les informations que nous publions, plus de 50.000 visites pour un site aussi spécialisé nous ne vous avons pas déçu. Nous ne le sommes en tout cas. Nous visons les 100.000 visiteurs et pour cela un effort important sera fait pour rendre notre site plus visible.

 

Mouhamadou lamine Ndiaye

Docteur de l'Université Paris I Panthéon Sorbonne

Manager de C3E 

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